Viols en RDC : les Congolais doivent dire "ça suffit"

Publié le par jemarche

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KITCHANGA - L'adjointe du chef de la Mission de de l'ONU pour la stabilisation en RD Congo (Monusco), Leila Zerougui, a exhorté dimanche les Congolais à dire "ça suffit" au sujet des nombreux viols dont les femmes sont victimes dans l'est du pays.

"Toutes ces femmes violées, c'est un scandale ! Ce sont vos femmes, votre pays. C'est à vous, Congolais, de dire +ça suffit+, et de faire pression auprès du gouvernement", a déclaré Mme Zerougui lors de la visite de deux camps de déplacés à Kitchanga (est), au Nord-Kivu.


Elle était accompagnée de Margot Wallström, l'envoyée spéciale de l'ONU pour les violences sexuelles dans les conflits, qui est en RDC jusqu'à mercredi.


"La communauté internationale a une responsabilité limitée. Je ne peux pas déployer un juge dans la zone. C'est au gouvernement de le faire. C'est l'avenir de votre pays qui est en jeu", a ajouté la représentante spéciale adjointe du secrétaire générale de l'ONU en RD Congo.


"Il faut sécuriser le processus pénal. Pas seulement arrêter quelqu'un, car après, que fait-on de lui ? Il ne faut pas créer de l'espoir et emmener les gens devant une justice défaillante", a-t-elle expliqué.


Mmes Zerougui et Walström se déplacent depuis jeudi dans le Sud et le Nord-Kivu, deux provinces où des groupes armés sont régulièrement accusés de commettre des viols, de même que des éléments de l'armée nationale congolaise.


Fin juillet-début août, quelque 500 personnes, dont des enfants, ont été violées par des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des miliciens Maï-Maï, dans un groupe de 13 villages du Nord-Kivu.


"En RDC, pour lutter contre les violences sexuelles, l'impunité est l'aspect le plus difficile à combattre. La police participe aux processus de règlement à l'amiable. Parmi le peu d'auteurs de violence sexuelle qui sont arrêtés, une partie est libérée en raison de l'interférence politique des autorités locales dans les poursuites judiciaires", a déclaré à l'AFP une source onusienne sous couvert d'anonymat.


"Dans d'autres cas, les commandants militaires et de la police refusent de remettre à la justice les éléments à leur disposition. Les quelques +malchanceux+ qui sont mis en prison peuvent plus tard facilement s'en évader étant donné l'état de délabrement du système carcéral", a ajouté cette source.


Dans les camps de Kitanchga, un photographe de l'AFP a rencontré deux femmes qui ont affirmé avoir été violées samedi, la veille de l'arrivée de Mme Wallström.


L'une, âgée de 62 ans, a dit avoir été violée par un militaire alors qu'elle se rendait aux champs, à l'extérieur du camp, et l'autre, 40 ans, par deux soldats alors qu'elle était dans la forêt pour ramasser du bois.


Elles ont déclaré ne "rien attendre" de la visite de Mme Wallström, et souhaité que les "bandits qui continuent à violer dans les camps", soient arrêtés.

La plus jeune a expliqué qu'elle avait encore des douleurs mais qu'elle n'avait pas reçu de soins, de peur que son mari n'apprenne qu'elle avait été violée.

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