Pendant que «Kabila» parle de «stabilisation de la situation sécuritaire» à l’Est : Les viols continuent dans les provinces du Kivu

Publié le par jemarche




La honte d’une femme violée. Photo france24
Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 170 femmes ont été violées dans la nuit du 11 au 12 juin dans les villages de Nyakiele et Abala, aux environs de Fizi, dans la province du Sud Kivu. Un «colonel» Maï Maï est pointé du doigt. Son nom : Kifaru Niragiye. Ce chef milicien et ses hommes venaient d’être «intégrés» dans les Forces armées de la RD Congo. Un aveu d’échec d’une politique aventureuse.
Voilà un cinglant démenti à la description de la situation sécuritaire faite par le ministre de la Défense, Charles Mwando Nsimba. A l’issue de la réunion du Conseil supérieur de la défense, mercredi 22 juin, sous la présidence de «Joseph Kabila», Mwando déclarait dans un compte-rendu que «le Conseil a constaté avec satisfaction la stabilisation de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo nonobstant quelques poches de résistance». Cet optimisme béat n’était que du vent.

Plusieurs groupes armés continuent à défier l’Etat dans les deux provinces du Kivu. Cela fait plus d’une décennie que cette situation paranormale perdure. Pour éradiquer ce mal, les autorités congolaises ont choisi la facilité consistant à intégrer ces «combattants» dans l’armée nationale. Les mêmes autorités n’excluent pas que les viols décriés aient pu être commis «par d’anciens rebelles que le gouvernement a tenté d’intégrer dans les rangs de l’armée nationale.» Le nom du «colonel» Kifaru Niragiye, issu de la nébuleuse Maï Maï, est le plus cité. En compagnie d’une centaine d’hommes, Kifaru a déserté un centre militaire où devait avoir lieu le «mixage» de son groupe.

Interrogé à ce sujet, le ministre congolais de la Communication et presse, Lambert Mende Omalanga, a déclaré avec sa désinvolture habituelle que «l’ordre avait été donné à l’armée d’enquêter pour savoir où se trouvait le colonel Kifaru et de le capturer avec ses hommes.» Interdiction de rire.

Face à la nonchalance des autorités congolaises, des observateurs sont unanimes à reconnaître que - malgré la fin proclamée de la guerre après la mise en place des institutions de transition en juin 2003 – la situation sécuritaire dans la partie orientale de la RD Congo n’a pas changé. Bien au contraire, l’instabilité continue à travers les groupes armés tant nationaux qu’étrangers qui y fleurissent au vu et au su des gouvernants tant provinciaux que nationaux. Les Forces armées de la RD Congo paraissent impuissantes. Pire, elles sont accusées d’atrocités contre la population civile. Selon le député provincial Jean-Marie Ngoma du Sud Kivu, «les viols et des pillages auraient été commis entre le 10 et le 12 juin par des militaires de l’armée congolaise, principalement à Nyakiele.»

Les rebelles hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) ont été accusés, l’année dernière, d’avoir violé plus de 300 femmes dans la province du Nord-Kivu.

La désertion du «colonel Maï Mai» Kifaru Niragiye et ses hommes vient démontrer la faillite de la politique d’intégration pour le moins anarchique des combattants qui répandent la peur et la mort à l’Est de la RD Congo. L’erreur est humaine, persister dans l’erreur est diabolique…
Madeleine Wassembinya (avec Reuters et AFP)

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